Patrick Duflos : « Le signe d'une grande équipe »
Quel bilan tirez-vous de la phase régulière ?
Je pense qu'on a à nouveau réussi une saison extraordinaire. Quoi qu'il arrive en play-off, on a confirmé en ayant été 3es quasiment depuis le début, tout en ayant eu un parcours épique en Coupe d'Europe. Et tout ça sans laisser trop de plumes, à l'image des grandes équipes comme Tours.
Sincèrement, j'avais très peur pour cette saison. L'an passé, beaucoup de joueurs avaient des choses à prouver. Je craignais que l'on perde ce petit truc en plus. Mais non. On a gardé le même état d'esprit et on finit 3es dans un championnat plus relevé que le précédent.
On en viendrait presque à banaliser votre réussite...
On l'a bien vu, le public est venu en nombre
tout le temps, quelle que soit l'affiche. Quand je vois ça, je me dis qu'il n'y a aucune banalisation !
Considérez vous l'Arago comme étant une grande équipe ?
Je crois. Tout le monde voulait nous battre cette année et peu d'équipes y sont arrivées. A part Cannes, nous avons battu tout le monde. Concilier Coupe d'Europe et championnat, c'est le signe d'une grande équipe.
Vous avez effectivement réussi une belle campagne européenne.
On a fait quelque chose de vraiment bien. Hormis lors du premier tour face à Kakanj, il a quand même fallu battre de sacrées équipes ! J'ai revu cette semaine le match contre les Ukrainiens de Kharkov, c'était vraiment chaud... Lennik, mine de rien, a battu Roeselare qui est une référence en Belgique et se retrouve aujourd'hui en finale de son championnat face à Maazeik. Quant à Trévise, c'est encore le niveau supérieur. Ils ont d'ailleurs gagné cette Coupe d'Europe.
Et ce qui est paradoxal, c'est qu'après deux matchs extraordinaires contre eux, on est sortis déçus. Ça prouve l'ambition de mes joueurs.
Ça se paye en championnat ?
On n'a pas laissé trop de plumes. On a explosé sur deux matchs derrière, mais c'était contre Poitiers et Tours. Et puis ça n'a duré chaque fois qu'une journée.
Ensuite, même quand on ne gagnait pas, on grattait des points. Je trouve qu'on a très bien géré les deux tableaux.
Comment se porte l'équipe au moment d'aborder les play-off ?
Hormis la blessure de Baptiste Geiler qui risque de nous handicaper, je trouve qu'on est pas mal. Fred Barais et Manu Ragondet remontent la pente physiquement. En même temps, on a axé la préparation là-dessus.
Mais il y a d'autres aspects à prendre en compte, notamment psychologiques. Notre adversaire, Paris, est habitué aux grosses échéances. Et c'est une équipe qui n'a rien à perdre.
Il va falloir assumer notre statut de favoris. En fait, on peut être éliminés d'entrée comme aller en finale.
Vous disiez il y a quelques semaines que prendre ensuite Tours ou Poitiers était aussi dur. Le pensez-vous toujours ?
En fait, je ne comprends pas bien la stratégie des Poitevins, qui viennent de laisser filer trois matchs. Du coup, en Coupe, ils se sont mis trop de pression et ont 'morflé' face à Tours, qui est une machine à gagner. De plus, ils savent qu'ils vont perdre des joueurs, ce qui est déstabilisant.
Est-ce aussi le cas de l'Arago, avec les départs annoncés de Simovski et Vesely ?
Pour l'instant non. Ça ne se ressent pas à l'entraînement et je ne crois pas que cela jouera trop sur l'équipe. Au contraire, il me semble que le fait de partir sur une bonne note apportera une motivation supplémentaire.
Que ce soit Jovica ou Jakub, je crois qu'ils veulent laisser un bon souvenir...
Avez-vous déjà des pistes pour les remplacer ?
On a des contacts mais ça n'avance pas aussi vite que ce que l'on voudrait. Soit on manque de budget, soit on attend la décision de joueurs pour qui nous ne sommes pas le premier choix.
Sportivement en tout cas, on fait l'unanimité. Il y a énormément de joueurs qui veulent visiblement faire partie de cette équipe. Mais il y a la question financière...
Recueilli par JÉRÔME BELLUIRE