Castard, l'ascension fulgurante.
Et dire qu'au début de la saison dernière, lorsque Ludovic Castard est arrivé à Sète, certains supporters de l'Arago ont pensé que le jeune élève du Centre National du Volley-Ball serait une excellente recrue pour l'équipe de Nationale 2 ! Fin, un brin nonchalant et pas vraiment exceptionnel sur le plan physique (1,95 m), "Ludo" ressemblait plus à un collégien attardé qu'à un international en puissance.
Et pourtant ! Un an et demi plus tard, l'ancien pensionnaire du "CN" s'apprête à disputer sa première demi-finale du championnat de France et vivra cet été sa première grande expérience internationale sous le maillot bleu. « C'est vrai que tout est allé très vite» reconnaît-il, « la blessure de Junot, l'an passé, m'a propulsé sur le poste de "pointu" et j'ai pu démontrer mon envie de progresser. Mais aujourd'hui encore, rien n'est fait et je n'ai pas l'impression d'avoir terminé ma formation. »
Possible, sauf que même avec le retour, gagnant, de Mistoco à la pointe de l'attaque, Patrick Duflos n'a jamais songé à sortir Castard de l'équipe. Promu à nouveau réceptionneur-attaquant, son poste de prédilection, l'ex-Asniérois a repoussé Frédéric Havas sur le banc de façon quasi définitive. Doté d'un service puissant et varié, "Ludo" possède tous les coups du volley et Redwitz, le passeur de l'Arago, en a fait depuis longtemps l'une de ses destinations principales. Seule une indéniable carence en réception nuit encore à sa réputation naissante. « De façon incontestable, je dois progresser en "récep". Cela passe par du travail, toujours du travail. Mais peu à peu, cela devrait finir par payer » Ce soir, face à l'ogre tourangeau, lancé comme un obus sur la route d'un triplé historique (Ligue des champions, coupe de France et championnat) Ludovic Castard sera l'une des armes principales de l'Arago Sète. De quoi ajouter au plaisir d'un rendez-vous qu'il attend depuis toujours. « C'est bien de retrouverTours en demi-finale. Par deux fois, en phase régulière, nous avons mené 2-0 avant de perdre en cinq sets. Je suis persuadé que nous avons les moyens d'aller au bout de notre ambition et de remporter le match au Barrou. Si tel est le cas, tout sera possible... même dans leur salle. »
Auteur samedi d'une prestation régulière et véritablement subjugué de l'ambiance proposée par les supporters sétois, Castard n'a plus forcément envie de répondre à l'appel des sirènes, notamment beauvaisiennes. « C'est vrai que Beauvais, d'autres clubs français et étrangers souhaitent me recruter. Je n'ai pas encore pris de décision, mais le fait que Sète soit déjà qualifié pour une coupe d'Europe pourrait faire pencher la balance. On verra bien... après le titre. »
Jean-Michel IZOIRD