Lu dans le Midi Libre du 18 Septembre 2006
Deux entraîneurs au filet.
Patrick DUFLOS
Né le 29 décembre 1965 à Calais. 16saisons en ProA. Vainqueur de la Coupe de France 1988. Trois fois vice-champion de France, deux fois avec Sète. 230 sélections en International A. Entraîneur depuis trois saisons à Sète.
Arnaud JOSSERAND
Né le 25 septembre 1963 à Nancy. 14 saisons en Pro A. 2 titres de champion de France et
2 Coupes de France avec Fréjus. 216 sélections en International A. Entraîneur- joueur à Nice, A Cannes depuis 2002.
A signé pour 3 ans au Mvuc
FACE-A-FACE
Dans quel état d’esprit abordez-vous cette saison?
Arnaud Josserand(Montpellier): Sans trop de stress, au contraire, avec pas mal d’excitation. On a un challenge intéressant à relever, avec une équipe qui a un réel potentiel.
Patrick Duflos(Sète): Avec beaucoup plus d’incertitudes que les autres années car l’équipe a énormément changé. Plus j’avance, plus je me fais du souci. J’avais plus de détachement la 1re année. Et j’ai mis la barre tellement haut d’entrée
…
Etes-vous satisfait du recrutement réalisé?
A.J.: Je pense qu’au niveau qualitatif et quantitatif, on a un bel effectif ou se mêle la jeunesse et l’expérience. Quand est-ce qu’il pourra s’exprimer? Est-ce qu’il pourra s’exprimer dès le début du championnat, je l’espère
P.D.: Pour l’instant oui. En tout cas au niveau de l’ambiance et de l’investissement. On verra ensuite comment les joueurs réagissent dans la difficulté
L’affaire Dias a t-elle "aggravé" la rivalité entre les deux clubs
A.J.:Oui certainement. Pour lui, ça risque d’être difficile même s’il a laissé un très bon souvenir. Il faut qu’il s’attende à ne pas être le bienvenu. Ca fait partie des règles du jeu.
P.D.: Je ne pense pas. La rivalité est là car c’est un derby. C’est juste un épisode supplémentaire. Le Mvuc avait beaucoup d’argent cette année et ils ont pioché à droite et à gauche, après s’être "plantés" depuis quelques années. Nous, ça nous reste en travers de la gorge, mais surtout pour tout ce que l’on a pu apporter à Dias sur le plan du jeu et de l’amitié.
Ce derby n’arrive-t-il pas trop tôt dans la saison?
A.J.: Pour moi, c’est plus le premier match du championnat, celui qui va ouvrir le bal, que le derby. Puis on va jouer à Sète, donc arriver en challenger. On a des armes capables de contrecarrer les leurs, à nous de les faire valoir.
P.D.: Je trouve que si. L’impact médiatique est moindre car la saison n’a pas encore démarré. Les deux équipes sont encore en rodage. Les joueurs sont naturellement tendus pour la première journée, mais aussi les arbitres et les supporteurs. Il y a mieux pour en profiter à fond. Un tel derby, c’est quand même plus intéressant en fin de saison quand il y a de l’enjeu.
Quels sont vos ambitions?
A.J.: Etre dans les play-off pour essayer de s’approcher le plus possible d’une qualification en coupe d’Europe.
P.D.: On a envie d’aller loin en championnat et de se qualifier en Coupe d’Europe. Mais cela demande de terminer au moins dans les cinq premiers. Nous voulons également briller en CEV en disputant le Final Four Européen. L’an passé, nous sommes tombés dans un traquenard au fin fond de Moscou. Cette année, nous allons disputer la poule de qualification. Ce sera mieux pour entrer dans la compétition.
Que pensez-vous du niveau général de la Pro A?
A.J.: Tous les ans, ça monte d’un cran. Il n’y a plus de petites équipes. Il n’y en a pas quatre cinq qui sortent du lot mais je pense qu’il y a réellement dix, peut-être même 12 voire 14 équipes qui peuvent rivaliser les unes avec les autres vu les nombreux bouleversements à l’intersaison.
P.D.: Les équipes ont beaucoup changé. Je ne sais pas ce que ça donnera mais, depuis deux ans, le niveau général est très élevé. Le championnat est très homogène et il n’y a pas de raisons que cela change. Il faut se rappeler que Toulouse, par exemple, était 4e à la mi-saison l’an passé
Que pensez-vous de la coupure "championnat du monde"?
A.J.: Pour les clubs n’ayant pas de joueurs qualifiés, c’est un avantage, on peut continuer à travailler, accorder des repos aux joueurs, repartir sur une autre préparation. Ça va être particulier à gérer et promet beaucoup d’inconnus.
P.D.: Cela ne devrait pas spécialement nous handicaper car nous n’avons pas d’internationaux, hormis les deux Portoricains. Nous garderons quasiment tout le monde et nous pourrons travailler. Reste à savoir comment nous allons gérer ça car après six semaines de championnat, il y aura une coupure, comme une nouvelle phase de préparation. Il va falloir trouver la motivation pour rester dans le coup.
Que pensez-vous de la nouvelle formule de play-off "haut" à quatre équipes?
A. J.: De toute manière on ne va pas jouer pour une place. Cette année, j’ai dit aux joueurs que l’on rentrera à tous les matches pour gagner, quelle que soit notre condition physique, mentale. Après, on fera le point sur le classement à mi-saison.
P.D.: Ils ont dû juger que cela était nécessaire. Quatre places au lieu de huit, cela oblige à ne pas manquer le début du championnat. On ne peut espérer se rattraper ensuite en play-off.
Nous, cela ne nous favorise pas car l’équipe a quasiment été renouvelée. En fait, c’est bon pour les grosses écuries et ça laisse peu de places aux outsiders. Il est également possible que le championnat soit un peu faussé car, dès le milieu de saison, certains sauront déjà qu’ils n’ont plus d’objectif.
Quels sont vos favoris pour le titre et places européennes?
A. J.: En dehors de Paris, Poitiers et Cannes, mon trio de tête, je vois derrière une grosse bataille. Pour les places européennes, je n’ai pas de favoris. C’est très difficile. Ce sera une bataille acharnée.
P.D.: Ce sont toujours les mêmes... Il y a Tours, Paris, Poitiers et Cannes si la mayonnaise prend bien. Il y aura peut-être aussi un outsider comme nous, Montpellier ou bien Toulouse. Quant à l’Europe, il y a cinq places à prendre et huit équipes qui peuvent y aller.
Recueilli par Nathalie HARDOUIN et Jérôme BELLUIRE Photos V.ANDORRA ET D.CRESPIN