Pour donner un peu d’éclat au Championnat, « L’Équipe » formule sept propositions.
Le débat est ouvert…
SPORTIVEMENT, il n’y a pas de débat. L’ultime journée des matches aller, samedi dernier, illustrée par la révolte des mal classés, a apporté une nouvelle preuve de la densité actuelle du Championnat de France.
En Europe, la Pro A se classe juste derrière la Ligue italienne et la Ligue russe en termes de niveau de jeu.
Question image, en revanche… Une dizaine de jours après la fin des États généraux voulus pour redonner du souffle au volley français, L’Équipe a choisi de formuler sept propositions aux clubs professionnels pour améliorer l’attractivité auprès du grand public.
1. SUPPRIMER LA PAUSE DE DIX MINUTES. – C’est l’exception française dans toute sa splendeur. Une interruption de jeu incongrue de dix minutes entre le deuxième et le troisième sets. Le but ? Faire tourner les buvettes des clubs… Résultat, les joueurs repartent aux vestiaires et sont obligés de s’échauffer une seconde fois sous les yeux souvent ébaubis des spectateurs.
JiriNOVAK,joueur de Paris :« Je pense que 95 % des joueurs n’aiment pas cette pause. Ça nous coupe dans notre élan. Et, en plus, quand une équipe est menée 2-0, cela peut renverser le scénario. Même pour les entraîneurs, c’est compliqué à gérer. »
2. DISPUTER LES MATCHES SUR TARAFLEX. – L’argument, premier, du coût (environ 30 000 euros) est réel, mais certaines mairies, comme Tours ou Cannes, ont déjà consenti cet investissement. L’avantage de ce revêtement, utilisé dans toutes les compétitions internationales, est triple : il permet une meilleure compréhension du jeu, assure davantage de sécurité aux acteurs et offre de nouveaux espaces publicitaires à vendre.
Christophe MENEAU, ancien international (407 sélections), entraîneur adjoint de Cannes : « Tout lemonde voit la différence. Le terrain n’est plus barré par tout un enchevêtrement de lignes de hand, de basket ou de tennis… Le Taraflex est aussi moins dangereux que les parquets anciens, toujours glissants. En termes d’appuis au sol, c’est incomparable. »
3. ORGANISER UN DIRECT SUR CHAQUE MATCH. – Avec une simple connexion Internet et un ordinateur portable, rien de plus simple ! Le concept existe partout en Europe et dans les autres sports collectifs, notamment sous l’égide des différentes ligues. Aujourd’hui, seuls Beauvais et Poitiers offrent réellement cette possibilité à leurs supporters, les autres comptant sur la sollicitude des dirigeants qui abreuvent de textos les forums de leurs clubs respectifs. Ça fleure bon l’amateurisme.
Laurent MARTEL, webmaster de Beauvais : « À Beauvais, on était le premier club en Nationale 1 à s’en servir, il y a six ans. Aujourd’hui, on pousse un maximum pour que les clubs et la Ligue utilisent cet outil. Un live score, c’est devenu une chose de base. Lors des matches, on atteint des pics de connexion à 4 000. »
4. DIFFUSER DES STATISTIQUES EN TEMPS RÉEL. – Sport collectif par excellence, le volley se décrypte aussi en chiffres. L’édition d’une feuille de statistiques à l’italienne dès la fin et du match et accessible en ligne dans la demi-heure suivante sur le site de la LNV permettrait de faire mieux connaître ses talents. Autre avantage, la désignation d’un meilleur joueur sur chaque match et l’élection d’une équipe type par journée et par saison.
Antonin ROUZIER, pointu de l’équipe de France et de Montpellier : « Ce serait super intéressant pour les joueurs comme pour les coaches. Parfois, on ressent les choses d’une certaine manière et les chiffres nous démontrent le contraire. Et ce serait également une excellente idée pour rebooster l’image du volley, qui a tendance à se faire un peu oublier en ce moment. »
5. FILMER CHAQUE RENCONTRE.– Si la télévision ne vient plus dans les salles sauf rares exceptions (Ligue des champions), pourquoi ne pas amener le volley aux télés ? Malgré l’investissement de base, cela nourrirait le site des clubs, parfois réduit à leur plus simple expression, et proposerait à terme un vrai contenu aux diffuseurs régionaux sous une forme à définir (interviews d’après match, reportages…). Poitiers, qui a signé un partenariat avec le CRIT de Châtellerault, diffuse cette saison une dizaine de ses matches sur son site.
Claude CHEVALIER, responsable du secteur commercial de Poitiers : « À l’origine, le CRIT est un organisme à financement public créé pour la recherche sur le matériel sportif. Actuellement, cela nous coûte 2 000 euros par retransmission. Avec une société privée, ce serait certainement beaucoup plus cher. L’idéal est de faire câbler la salle, cela coûte 3000 euros. Pour la première retransmission, on a eu 1 500 connexions, pour la deuxième, on en a eu 3 000. Et, dès l’an prochain, on passera d’un câblage Internet à un câblage TV afin d’attirer les télés locales, voire sportives. »
6. SCÉNARISER LA PRÉSENTATION DES ÉQUIPES . – Aujourd’hui, l’entrée des joueurs sur le parquet se résume souvent à une longue énumération monocorde, micro grésillant en fond sonore. Pas franchement l’idéal pour séduire les spectateurs. À titre d’exemple, la Ligue des champions de foot ou la Ligue nationale de basket ont su développé leur hymne et leur oriflamme et, surtout, un protocole obligatoire.
Pascal FOUSSARD, entraîneur et directeur sportif de Tours : « Chez nous, on fait déjà sortir les joueurs du terrain pour les appeler un par un. Il faut penser au public qui vient pour la première fois, lui présenter des visages, des profils, des personnages.»
7. MODIFIER LES JOURS DE MATCH. – Tous les samedis soir, il y a embouteillage au niveau de l’offre. Entre la concurrence du foot, les sorties en famille et entre amis… En Italie, les rencontres ont lieu le dimanche en toute fin d’après-midi et les salles font recette.
Benoît LEBRUN, manager général de Tourcoing : « Quand le LOS (foot, Ligue 1) joue à domicile, on essaie de décaler nos matches au vendredi ou au dimanche. Cela permet d’éviter la concurrence des autres sports de la métropole. Le vendredi soir, les gens sortent souvent du travail un peu plus tôt et ça leur laisse aussi plus de temps libre le week-end. Le dimanche, les gens restent la plupart du temps chez eux et l’horaire leur permet d’être rentrés à la maison pas trop tard. À nous de nous adapter. »
MANUELA ECHILLEY et GUILLAUME DEGOULET
pour une fois l'équipe peut nous sortir de l'amateurisme du volley.
je dis BRAVO