GLENN HOAG, ancien coach à succès de Paris et actuel sélectionneur canadien,
est en pleine réflexion sur son avenir. Qui pourrait repasser par la Pro A.
Depuis la fin des qualifications olympiques de la zone
NORCECA (Amérique du Nord et centrale), à la mi-janvier, et
une quatrième place synonyme d’élimination dans la course
aux Jeux Olympiques, Glenn Hoag, sélectionneur canadien et
ancien mentor du Paris Volley (de 2000 à 2003), a regagné ses
pénatesà Sherbrooke,auQuébec. Souscontrat théoriqueavec
la Fédération jusqu’aux JO mais sans grande compétition au
menu après le retrait canadien de la Ligue mondiale pour raisons
financières, celui qui mena Paris à trois succès européens
d’affilée, contacté récemment par Tourcoing et par Tours,
n’exclut pas un retour en France.
« LE CANADA NE DISPUTERA ni
les Jeux Olympiques ni la Ligue
mondiale. Quel est votre avenir
en tant que sélectionneur ?
– En ce moment, je suis à la maison
en famille, à Sherbrooke. Au calme.
Je suis dans une période de planification
et de réflexion. Je récupère aussi.
Je dois faire le point fin mars avec
les dirigeants canadiens. La sélection
était vieillissante mais on a réussi
à développer des jeunes joueurs,
j’ai remis le centre de formation en
place àWinnipeg. Il nous faut désormais
nous appuyer sur le groupe qui
a finit deuxième des Universiades
l’été dernier (1-3 en finale, face à la
Turquie). Les camps de sélection
sont en mai. Il faut trouver des adversaires
car seule la réalité compétitive
permet de mesurer l’aspect mental,
la capacité à gérer la vitesse de jeu.À
l’heure actuelle, je suis un peu dans
le néant. Toute la Fédération est en
difficultés financières, y compris le
secteur du beach. Je prépare l’avenir
et j’ai différents plans d’action en
tête.
– Envisagez-vous un retour en
Europe ?
– Je réfléchis à tout ça, à poursuivre
avec l’équipe nationale, à l’Europe
aussi. Je souhaiterais faire grandir
l’équipe canadienne, jusqu’aux
Mondiaux 2010 par exemple. Ce
n’est pas seulement une question de
budget, il faut aussi changer les
mentalités. Nos meilleurs joueurs
universitaires jouent en Pro B ! Dallas
Soonias

(qui est arrivé à Sète, en
Pro A, à la mi-janvier) est le seul que
nous avons réussi, récemment, à placer
dans un Championnat digne de
ce nom. Ce qui est sûr, c’est que d’ici
à la fin mars et ma rencontre avec les
dirigeants, je ne bouge pas. Je
n’avais pas vraiment l’intention de
partir pour le moment. J’adore travailler
au développement des
jeunes. Financièrement, je suis bien
ici, je suis aussi à la maison. Et le
centre de formation va peut-être
bouger et venir à Gatineau (au sudouest
de Montréal). Mon autre
option, c’est l’Europe, la France
notamment.
– Votre nom circule beaucoup
en France. Y êtes-vous sensible
?
– Je le sais, car Donna (son épouse)
va voir les forums tous les matins sur
Internet. Et elle me dit quand il y a un
scoop. (Rires.) Ça nous touche, bien
sûr. Depuis que Dallas (Soonias) est à
Sète

, je suis davantage la Pro A. Mais
mes années à Paris font partie du
passé. Si je redeviens coach d’un club
français, rien ne dit que ça va tourner
aussi bien. De toute façon, l’Europe
serait certainement une option pour
finir ma carrière. Je suis dans cette
réflexion et elle implique aussi toute
ma famille. Là, je fais mon boulot
comme si j’allais continuer en tant
qu’entraîneur national canadien.
Mais je veux savoir quels moyens je
vais avoir à disposition pour mettre
en place mon programme.
« Développer
des joueurs »
– Qu’attendez-vous d’un club
en tant qu’entraîneur ?
– J’adore la compétition mais ce
que j’aime vraiment, c’est développer
des joueurs, les faire avancer. Je
souhaiterais donc aller dans un club
qui a une bonne structure de développement.
Le Championnat italien
correspond peut-être un peu moins à
cet esprit mais faire une pige en Italie
reste tentant. J’aimerais y goûter un
peu, après l’avoir fait comme joueur
(à Santa Croce). Je n’ai plus mon
poste à l’université de Sherbrooke,
donc le volley va être ma vie au
moins pour les dix prochaines
années. »